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13e OEIL | Les petites mains de Gévin

 

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L’adresse est gardée secrète pour des raisons de sécurité. Désormais installés dans le 13e arrondissement, les ateliers de fabrication des statues de cire du musée Grévin recèlent un capharnaüm fascinant de têtes, de mains et de corps sur lesquels s’exercent une multitude de talents artistiques.

« Il faut environ six mois pour réaliser une statue qui prendra place au musée Grévin », explique Pascale Saint Rémy Pélissier, qui supervise le travail de sculpture. Depuis 2011, les ateliers de fabrication des statues de cire du musée Grévin ont déménagé dans le 13e arrondissement. À cela, une raison simple : le manque de place dans les anciens locaux. En effet, avec les ouvertures successives de musées à Montréal (2012), Prague (2013) et Séoul (2015), le nombre de statues à réaliser a considérablement augmenté. Partout, des bustes avec ou sans cheveux, avec ou sans yeux, achevés ou à peine ébauchés ; des corps blancs sans tête, debout ou allongés sur des tables ; des étagères pleines de mains en résine jaune ou peintes couleur chair.

Le choix des personnalités qui entrent au musée Grévin (entre quatre et six chaque année) est effectué par l’Académie Grévin. Composée de femmes et d’hommes des médias, elle se réunit deux fois par an et est présidée depuis 2014 par Stéphane Bern, récent successeur de Bernard Pivot. « Si possible, cela commence avec la venue de la personnalité dont nous allons réaliser la statue, explique Véronique Berecz, qui conduit la visite. Nous effectuons énormément de photos, nous prenons ses mensurations voire nous scannons son corps. Bien évidemment, nous utilisons des nuanciers pour identifier la couleur des yeux et des cheveux. Pour certains, nous effectuons même une empreinte dentaire. Nous discutons également de l’attitude générale du corps et dans quel environnement la personnalité sera représentée. »

 

Copie conforme, le crédo du musée

Les sculpteurs travaillent ensuite sur place ou dans leur propre atelier, modelant à l’aide de leurs ébauchoirs de la terre glaise ou de la plastiline. Cette dernière a l’avantage de ne pas sécher, contrairement à la glaise qui doit être placée dans un linge humide entre deux séances. « Même s’ils ont chacun leur propre style, le plus difficile pour les sculpteurs, c’est d’oublier leur sensibilité d’artiste, précise Pascale Saint Remy Pellissier. Ils doivent rester neutres et réaliser une copie conforme à l’original. »

Copie conforme, tel est le crédo du musée installé boulevard Montmartre, dans le 9e arrondissement de Paris, depuis son ouverture le 5 juin 1882. En effet, Arthur Meyer, journaliste et fondateur du quotidien Le Gaulois, souhaitait montrer au public le visage des personnalités qui faisaient la une de son journal. Pour mener à bien ce projet, il s’associa à un financier, Gabriel Thomas, et à un sculpteur, Alfred Grévin.

Une fois le modelé du visage terminé, il est ensuite recouvert d’élastomère, puis d’une couche de plâtre pour maintenir l’ensemble bien en place. Une empreinte négative est alors réalisée, dans laquelle sera coulée la cire d’abeille à laquelle, parfois, est ajouté un peu de colorant pour se rapprocher de la carnation du modèle. Les orifices des orbites et de la bouche sont ensuite évidés.

 

[...] Lire la suite dans Le 13 du Mois #55

 

Publié par Olivier Thomas  le 19 Octobre 2015
 

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