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PAR DESSUS LE PERIPH' | Grand lifting urbain à Ivry

 

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En attendant les pelleteuses


L’un des plus grands projets d’aménagement d’Île-de-France oppose la mairie communiste d’Ivry-sur-Seine à certains des 400 habitants concernés. Cette opération de développement urbain de plus d’1 million de mètres carrés implique le départ de propriétaires qui comptent ne pas se laisser faire.


Sabrina Mokrani est arrivée à Ivry-sur-Seine en 1975 avec ses parents, qui y tenaient un hôtel-restaurant. Elle a depuis repris l’affaire familiale, située tout près de la gare RER, boulevard de Brandebourg. « Je suis bien située, j’ai investi beaucoup ici », raconte-t-elle, assise à l’une des tables de son restaurant flambant neuf. Elle vient de finir des travaux de rénovation qui ont pris deux ans. Mais elle n’aura pas terminé de payer son crédit, qui prend fin en 2020, qu’elle sera sans doute déjà partie. Comme 400 autres Ivryens, elle a appris qu’elle était située dans la zone d’aménagement concerté (Zac) d’Ivry Confluences, un grand projet de rénovation urbaine qui va l’obliger à déménager.

Située dans le quartier Ivry-Port, en bord de Seine, cette opération, qui s’étend sur 145 hectares, va durer au moins jusqu’en 2025. Elle prévoit notamment la construction de 570 000 m2 de bureaux, commerces et locaux d’activités, environ 4 500 logements, des équipements universitaires et culturels, le prolongement de la ligne 10 du métro ou encore un parc de 3,5 hectares. Pour ce faire, la ville doit détruire 400 lots : « Des copropriétés, dont une partie est déjà vide car en état d’insalubrité, des locataires, qui seront relogés dans le cadre d’une Maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (Mous), et des propriétaires », détaille Romain Marchand, maire- adjoint en charge du développement urbain.

 

« Pas vivable de rester dans cette incertitude »

Jamale Lahyane est responsable du collectif Ivry sans toi(t), créé pour porter la voix des personnes opposées à ce projet. Il a acheté son logement à Ivry en 1997 : « J’ai fait des sacrifices pour acheter cet appartement, je ne suis pas parti en vacances pendant sept ans ! », se souvient-il. Lui dont le logement fait partie du territoire de la Zac dénonce les faiblesses de la concertation.

« On a su qu’on était dans la zone quand on a vu la maquette en 2010 et depuis, on n’a toujours pas reçu de courrier », déplore Sabrina Mokrani. Seules les personnes impactées par la première phase, qui doit durer jusqu’en 2016, ont été informées par la mairie, comme Jacqueline Bonidan, à Ivry depuis 1976, qui a reçu un courrier il y a environ deux mois. Pour les habitants en phases 2 et 3, c’est le statu quo. « Ce n’est pas vivable de rester dans cette incertitude. J’avais prévu de peindre, mais si c’est pour partir dans deux ans, c’est pas la peine », regrette Jean-Pierre Gauthier, à Ivry depuis presque 30 ans. Il en a 73 aujourd’hui et ne se voit pas quitter son appartement, situé en bord de Seine : « C’était bien ici, j’allais à la pêche en bas. À mon âge, je n’ai plus envie de changer. »

 

« On ne cherche pas à faire table rase du passé »

« Je suis conscient qu’on bouscule des parcours de vie, mais il n’y a pas d’autres solutions », répond Romain Marchand, quand il détaille l’avancée du projet. « Les phases 2 et 3 sont des secteurs sur lesquels les choses ne sont pas encore arrêtées. Il n’y a qu’en première phase que nous étions sûrs des logements concernés. On ne voulait pas interpeller les gens inutilement ».

Publié par Rozenn Le Carboulec  le 12 Septembre 2013
 

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