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DOSSIER | Silicon Valley sur Seine

 

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Au fin fond de Paris Rive-Gauche, la Ville de Paris a érigé un « Incubateur » de 3 000 m2. Les jeunes entrepreneurs de l’ère digitale y bénéficient de locaux et de tuteurs pour que leurs start-up puissent naître et grandir, puis voler de leurs propres ailes.

 

Aux frontières de la capitale, au cœur d’un entrelacs de voies rapides, se dresse un cube de verre rutilant. L’Incubateur « Paris Région Lab » se trouve au 15 rue Jean-Baptiste Berlier, aux confins de Paris Rive-Gauche, un quartier flambant neuf qui se cherche une âme. L’air absorbé et le casque vissé sur les oreilles, de jeunes hommes descendent du nouveau tramway, traversent ce no man’s land coincé entre le périphérique et la voie ferrée et entrent dans le cube glacial. Ils parcourent de longs couloirs couleur béton pour s’installer devant leurs PC, et cliquer avec frénésie. Silence... Ici, on travaille à l’éclosion des entreprises de demain.

À 25 ans, difficile de convaincre une multinationale Du haut du building, Nicolas Bellego est à la manœuvre. Cet ingénieur connaît ses 25 start-up sur le bout des doigts. Pour expliquer son métier, il déroule tout le fil de la création d’entreprise : « Imaginons que vous sortez d’une école d’ingénieur.

Vous avez une idée innovante dans le domaine des technologies numériques, et vous voulez créer votre boîte. » Il sort son Powerpoint. « Première étape : vous présentez un dossier pour entrer dans un Incubateur d’amorçage, où des professionnels vous aident à développer votre idée, à faire une étude de marché. Étape n°2, au bout d’un an, vous postulez pour un accélérateur de start-up, qui vous propose des locaux, une aide au recrutement et à la levée de fonds. Bienvenue à l’Incubateur ! », s’exclame cet ingénieur d’une quarantaine d’années, avant d’en venir au but : « Je fais office d’intermédiaire entre ces jeunes créateurs et les grosses boîtes. Je leur viens en aide sur des aspects techniques, juridiques, marketing... mais leur plus grand problème, c’est de trouver un investisseur qui parie sur leur projet, un “grand compte”. »

Car, à 25 ans, difficile de convaincre les équipes des grandes multinationales. « Nous travaillons en partenariat avec 40 grands groupes, que nous mettons en lien avec nos start-up », explique Nicolas Bellego. Outre cette proximité avec les investisseurs, l’Incubateur propose des interventions d’avocats ou d’entrepreneurs passés par les affres de la création. Surtout, les innovateurs regroupés ici s’enrichissent mutuellement de leurs échanges. Au bout de trois ans, la start-up doit avoir pris assez d’élan pour prendre son envol et quitter l’Incubateur.

 

Réservé à de rares privilégiés

Plusieurs Incubateurs sont disséminés dans Paris, et chacun a sa spécialité : finance, jeu vidéo, édition ou nouveau média. Pour chaque entreprise sélectionnée, la Ville de Paris fait un don de 30 000 euros et propose des emprunts à taux zéro allant de 50 000 à 100 000 euros. « 200 start-up sont ainsi financées. La Mairie de Paris dépense environ 4 millions d’euros pour l’amorçage d’entreprises, et 3 millions pour les accélérateurs », affirme Nicolas Bellego.

Cet argent, public, ne bénéficie qu’à un petit nombre de privilégiés : « Il faut avoir fait une bonne école, arriver avec des associés aux compétences diverses, et apporter au minimum 20 ou 30 000 euros de fonds propres pour être crédible et accéder aux Incubateurs », décrit l’ingénieur. « Et quand bien même on réunirait ces critères, seules 10% des candidatures passent le filtre de la commission qui régule l’entrée dans l’Incubateur. » Nous avons rencontré trois de ces jeunes entrepreneurs, en suivant Nicolas Bellego au pas de course dans les tuyaux de l’Incubateur.

 

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Publié par Elsa Sabado  le 14 Janvier 2013
 

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